Éducatrices spécialisées : neuf ans après l’entrée dans la profession, une sur deux a quitté le métier

Études et résultats

N° 1329

Paru le 04/03/2025

Jérôme Poulain (DREES)
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie une étude sur les trajectoires professionnelles des éducatrices spécialisées. Les données présentées sont issues du Panel Tous Actifs et de la Base Tous Salariés de l’Insee. Ces bases de données contiennent des informations sur l’ensemble des salariés en France métropolitaine et dans les DROM, hors Mayotte (ainsi que les non-salariés pour le Panel tous actifs). Cette étude sur les trajectoires porte sur les éducatrices ayant commencé leur carrière en 2011 ou en 2012, jusqu’en 2021.

 

En 20221 , en France métropolitaine et dans les DROM (hors Mayotte), 116 000 éducatrices spécialisées sont en exercice, dont 79% de femmes2 . Accessible avec un diplôme d’état (bac+3), le métier d’éducatrice spécialisée concourt à l’éducation d’enfants, d’adolescents ou au soutien d’adultes présentant un handicap ou des difficultés d’insertion. L’éducatrice spécialisée aide les personnes en difficulté à restaurer ou à préserver leur autonomie et mène des actions de prévention. 


Neuf ans après leur entrée dans la profession au début des années 2010, une éducatrice spécialisée sur deux exerce encore

Parmi les éducatrices spécialisées ayant commencé à exercer en 2011 ou en 2012, 51 % sont encore dans la profession neuf ans après leur début de carrière, ce qui constitue le taux de maintien le plus élevé parmi les professions sociales. Parmi celles qui changent de carrière, les départs se font pour moitié vers un emploi qui n’est pas dans un métier du social ou de la santé et pour un peu moins de la moitié vers d’autres métiers sociaux, comme assistante de service social ou cadre socio-éducatif. Les redirections vers les métiers de la santé restent marginales (6 % des redirections vers un emploi salarié au bout de neuf ans). Par ailleurs, les femmes et les diplômées du supérieur sont moins nombreuses à quitter le métier.
 

Des carrières d’éducatrices spécialisées vers davantage de contrats à durée indéterminée

La part des personnes ayant des contrats courts (CDD) parmi les éducatrices spécialisées restant dans la profession diminue de manière significative, passant de 42 % à l’entrée dans le métier à 3 % au bout de neuf ans, tandis que la part des personnes ayant des contrats à durée indéterminée (CDI) et les titularisations dans la fonction publique progressent. En revanche, la proportion de salariées à temps partiel reste stable, avec une légère hausse lors des années marquées par la crise sanitaire.


Quitter la profession d’éducatrice spécialisée pour rejoindre un emploi un peu plus rémunérateur 

Au cours des dix années d’observation, les éducatrices spécialisées moins bien rémunérées quittent la profession, mais obtiennent, in fine, un revenu salarial moyen qui évolue plus favorablement que celui des éducatrices restées dans le métier : +25 % contre +18 % entre le revenu salarial comme éducatrice lors de leur première année complète et le revenu salarial huit ans plus tard. Les disparités de revenus entre celles qui partent et celles qui restent s’atténuent ainsi avec le temps.
 

Pour aller plus loin

 

  • 1Source : Insee, enquête Emploi en continu. Champ : France entière, hors Mayotte. Pour plus de robustesse, la moyenne annuelle est calculée sur trois années : 2021, 2022 et 2023. La moyenne est calculée sur 2022 car une rupture de série entre 2020 et 2021 ne permet pas de la calculer sur 2021.
  • 2Nous utilisons dans cette étude l’accord au féminin car le métier recouvre une majorité de femmes.

Sources, outils & enquêtes