Allocation personnalisée d’autonomie : les retraités à plus basse pension commencent à la percevoir en moyenne cinq ans plus jeunes que les plus aisés

Études et résultats

N° 1327

Paru le 19/02/2025

Patrick Aubert (IPP)
La Direction de la recherche des études de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie une analyse inédite portant sur la part de la période de retraite qui est passée en perte d’autonomie (en tant que bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie [APA]) et sur les inégalités entre retraités au regard de l’ampleur plus ou moins grande de cette part.

 

Cette étude a été réalisée par l’institut des politiques publiques (IPP) dans le cadre d’un partenariat et d’un financement de la DREES. Elle s’appuie sur une nouvelle source de données statistiques obtenue par croisement des données de deux sources de la DREES : l’échantillon interrégimes de retraités (EIR : données issues des systèmes d’informations des caisses de retraite) et les remontées individuelles sur l’APA et l’ASH (RI-APA-ASH : données issues des conseils départementaux gestionnaires des prestations). Cette base inédite ouvre la possibilité d’analyses jointes des problématiques de retraite et de recours aux aides à l’autonomie.

En France, en moyenne, un retraité perçoit l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pendant environ 10 % de sa durée totale de retraite, d’après les conditions de mortalité et de recours à l’APA observées en 2017. Cette part est plus élevée pour les femmes (12 %) que pour les hommes (6 %), du fait de la longévité plus grande des premières.

Elle varie aussi nettement, au sein de chaque sexe, selon le montant de pension. Les retraités les plus aisés sont ainsi en moyenne un peu moins longtemps bénéficiaires de l’APA, alors que leur durée espérée de retraite est plus longue. C’est toutefois surtout pour l’APA à domicile, et notamment dans les catégories les moins dépendantes (GIR 3 ou 4), que l’écart est marqué. À l’inverse, les plus aisés passent une partie un peu plus longue de leur retraite en établissement avec un niveau de dépendance plus marqué (GIR 1 et 2), en particulier parce qu’ils ont davantage de chances d’atteindre les âges élevés, où ces situations sont plus fréquentes.

Environ 7 femmes sur 10 et 4 hommes sur 10 ont recours à l’APA durant leur retraite. Les probabilités de recourir à l’APA au cours de sa retraite apparaissent, à sexe donné, assez proches quel que soit le montant de pension. L’entrée dans la prestation se fait, en revanche, à un âge d’autant plus tardif que les retraités sont aisés. Pour l’APA à domicile, par exemple, elle a lieu à 85,2 ans en moyenne parmi les retraités hommes les plus aisés, contre 77,7 ans parmi ceux à plus basse pension.

 

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